Profitons du Ramadan !

Soyons donc pragmatiques . Le mois de Ramadan est la saison spirituelle idéale, où l’on est sensé se soustraire à ses penchants les plus élémentaires, et à ses désirs biologiques les plus naturels et innocents. Couper avec la routine, n’est pas chose simple, tellement nous sommes solidement à l’aise avec nos habitudes. Et lorsque l’habitude triomphe, un petit pépin, dont une vie ne peut être exempte, peut être ressenti comme une montagne insurmontable.

Voici donc un bien immense que le Ramadan nous procure ; se libérer et s’élever. Se libérer, ne serait-ce que temporairement des déterminismes biologiques, et s’élever vers l’esprit qui est en nous, l’insufflation divine qui nous habite. Certes, le jeûne aurait pu être un simple exercice d’abstinence alimentaire et sexuelle…mais non ; Dieu l’a voulu plus profond, plus essentiel. Le jeûne est sensé réconcilier l’Homme avec ce qu’il a d’essentiel : l’esprit.

Cette réconciliation ne peut se faire que dans le cadre de la reconnaissance du Créateur qui a prescrit cette pratique. Puisqu’on jeûne pour adorer Le Seigneur, et lui obéir. L’Etre humain ne peut être libre s’il ignore ce qu’il est et où il va. Pour le musulman, L’Homme est le serviteur de Dieu sur terre, son vicaire, et il va inéluctablement vers sa mort, pour rendre des comptes à son Seigneur.

La liberté rime avec la responsabilité. Celle-ci n’est pas conçue comme un fardeau , mais comme une paisible reconnaissance (Islam), une conviction profonde. Si ce n’était pas le cas, qui donc en dehors du Créateur serait capable de se faire obéir, en ordonnant à des millions de gens de s’abstenir ?

Revivifier ces sens exige de nous un travail. Celui-ci doit être mené chaque ramadan, mais ne s’agit pas de s’abstenir tout un mois, d’améliorer son comportement, assainir ses paroles, chasser ses petites bassesses, avec l’intention de les reprendre après le Ramadan.

Il ne s’agit pas de donner raison à l’adage « Chasser le naturel, il revient au galop », mais au verset coranique « A réussi quiconque la purifie (son âme), et a perdu quiconque la corrompt »

Notre travail à tous s’inscrit dans la visée coranique « …ainsi attendrez-vous la piété », la piété ; cette conscience éveillée qui refuse que nous soyons insensibles aux malheurs des autres, qui refuse le défaitisme, une piété qui libère et mobilise…

IL ne s’agit pas de laisser libre cour à sa colère, à son avarice, au motif que c’est impossible de changer, mais plutôt de sortir du Ramadan avec plus de compassion, plus de rapport avec le Créateur et avec Sa parole, le coran. Il s’agit de sortir du Ramadan avec un CHANGEMENT.

« Dieu ne change pas l’état d’un peuple, jusqu’à ce que les gens changent ce qu’ils ont en eux-mêmes ».

Jeûner, c’est faire preuve de liberté et de volonté. Changer, c’est tirer profit de cette liberté…

Hassan SAFOUI

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