Les musulmans de Normandie à Hérouville

À l’initiative de l’UOIF, la 5e rencontre annuelle des musulmans de Normandie a mobiliséplusieurs centaines de personnes hier à Hérouville-Saint-Clair.
Sur le parvis de la salle de la Fonderie à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), un bambin court en agitant un fanion palestinien. De nombreux jeunes assurent l’organisation pratique, la sécurité ou la sonorisation. Plusieurs stands donnent le ton de la rencontre : Secours islamique, ONG Muslims hands, association islamique et culturelle du Calvados, soutien à la Palestine, une librairie et un stand dédié à la prière.

Hassan Safoui, vice président de l'Association islamique et culturelle du Calvados

« Nous voulons favoriser la rencontre entre musulmans et avec les autres acteurs de la cité : élus, associations, entreprises. C’est en échangeant avec les autres qu’on se connaît soi-même. Nous souhaitons aussi contribuer à l’animation des villes », indique Mohsen Ngazou, 53 ans vice-président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF).

Crée en 1983, l’UOIF, qui fédère en France 300 associations musulmanes, organisait hier à Hérouville, en lien avec des associations locales, la rencontre annuelle des musulmans de Normandie. Une journée conviviale marquée par de nombreuses interventions.

« Nous devons humaniser ce qui a été diabolisé par certains médias. L’islam véritable, c’est l’amour, la modération, l’art de vivre ensemble et non pas les pratiques excentriques de certains que nous rejetons », ajoute Mohsen Ngazou.

« Jamais se couper de la société »

Et de mettre en avant l’action de l’imam de Bordeaux, du président du Conseil français du culte musulman (CFCM) de Rhône-Alpes « qui multiplie les efforts pour nouer des relations entre musulmans et chrétiens. Grâce aussi à Marseille-Espérance, un dialogue sincère s’est établi entre les différentes religions à Marseille. Ainsi la ville a été épargnée par les émeutes de 2005 ».

Dans un monde global, au sein d’un univers mondialisé, la question de l’identité se pose avec acuité. « Chacun essaie de se définir ou de se redéfinir. Mais être musulman, ce n’est jamais se couper de la société », précise Hassan Safoui, 39 ans, vice-président de l’Association islamique et culturelle du Calvados.

« Face à des relents de xénophobie, poursuit Hassan Safoui, l’islam trouve sa force dans son souci de la justice et du partage. Une préoccupation que doit montrer chaque musulman pour son voisin, quel qu’il soit. Comme le dit Le Coran, n’est pas musulman celui qui passe la nuit rassasié alors que son voisin est affamé. »

Jean-Pierre BEUVE. / Ouest France

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