LES MERITES DU MOIS DE SHA’BAN : Prêche (khotba) du vendredi 29-07-2012//09 Shaba’an 1433

LES MERITES DU MOIS DE SHA’BAN

Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
Chers croyants et croyantes, nous nous arrêtons dans notre sermon aujourd’hui sur l’importance du jeûne pendant ce mois de Sha’ban, c’était pendant ce mois que le Prophète (BSPL) jeûnait le plus jusqu’à ce que Aïcha son épouse qu’Allah l’agrée disait dans le hadith rapporté par al Bokhari et Muslim qu’il jeûnait (BSPL) tout le mois et dans une autre version sauf quelques jours : « Le Prophète (saws) ne jeûnait pendant aucun mois plus qu’il jeûnait pendant celui de Sha’ban. Il jeûnait entièrement Sha’ban » Dans une autre version : « Il jeûnait entièrement Sha’ban sauf quelques jours » (al-Boukhari et Mouslim).

Lorsqu’on a posé la question au prophète (BSPL) sur le secret de ce jeûne, il a répondu (BSPL) qu’il s’agit d’un mois pendant lequel les gens se trouvent dans la négligence et de l’insouciance parce que les arabes à l’époque ils s’attachaient beaucoup au mois de Radjab qui précède ce mois et qui fait partie des quatre mois sacrés. De même, ils étaient attachés au mois de Ramadan et le prophète (BSPL) de légiférer le jeûne pendant le mois de Sha’ban qui est entre Radjab et Ramadan pour avoir la continuité, la rectitude et la constance dans le chemin des bonnes actions.

Oussama ibn Zeyd qu’Allah l’agrée dit un jour au Prophète (BSPL) : « Ô Messager de Dieu ! Je ne t’ai jamais vu jeûner pendant un mois comme tu jeûnes pendant Sha’ban ? » Il dit : « C’est pendant ce mois que les gens négligent. Situé entre Rajab et Ramadan, c’est un mois pendant le quel les œuvres sont élevées vers le Maître des mondes, et j’aime que mes œuvres soient élevées alors que je suis en état de jeûne » (Abou Daoud et an-Nasa’i).

La première récompense c’est pour la revivification de cette sunna de notre prophète (BSPL), la deuxième récompense c’est pour avoir la bonne préparation pour bien accueillir le mois de Ramadan en s’adaptant pour le jeûne obligatoire à travers le jeûne méritoire. Le prophète (BSPL), nous montre dans le hadith que par chaque jour qu’on jeûne pour le visage d’Allah exalté soit-Il, Allah exalté soit-Il éloigne nos visages du feu de l’enfer d’une distance qui est parcourue en soixante dix ans.

La deuxième argumentation de notre prophète (BSPL) qui est citée dans le hadith rapporté par At Tarmidi et an Nisa’i qu’Allah les agrée c’est qu’il y a une exposition annuelle des actions des serviteurs d’Allah exalté soit-Il pendant ce mois là et Mohammed (BSPL) aimé beaucoup que ses actions soient exposé auprès d’Allah glorifié soit-Il en état du jeûne car il s’agit d’une situation où on est plus proche et plus chanceux que nos actions soient acceptées auprès d’Allah exalté soit-Il. Il y a ce qu’on appel l’exposition hebdomadaire des actions des gens chaque jeudi pour cela le prophète (BSPL) jeûnait ce jour comme il s’attachait au jeûne du lundi qui était le jour de sa naissance. Par la revivification de cette pratique prophétique, on gagne la récompense de la rénovation de cette sunna et on gagne la meilleure préparation physique, morale et spirituelle pour le bon accueil du mois de Ramadan et on est dans la chance que nous actions annuelles soient acceptées auprès d’Allah exalté soit-Il.

Le Prophète (BSPL) avait l’habitude de jeûner les lundis et les jeudis et lorsqu’il fut interroger sur la raison de ce jeûne, il répondit : « Les œuvres sont présentées à Dieu le lundi et le jeudi et j’aime que mes œuvres soient présentées alors que je suis en état de jeûne » (at-Tirmidhi).

Dans le même cadre de ce mois béni de Sha’ban, le prophète (BSPL) nous montre dans le hadith que Allah exalté soit-Il accorde son pardon divin la nuit du quinzième jour de ce mois là à tous les musulmans et à toutes les musulmanes sauf pour les porteurs et les porteuses des rancunes, de la haine, de l’envie et de la jalousie. Pour cela on est invité avec fermeté et sincérité pour nettoyer et purifier son cœur de cette maladie qui est un obstacle contre le pardon d’Allah glorifié soit-Il. Il faut s’efforcer pour se débarrasser des chances de nafs (l’âme) comme la haine, la vanité et l’orgueil. Si on arrive à surmonter cet obstacle on aura le pardon d’Allah exalté soit-Il et nos actons seront acceptés auprès de Lui glorifié soit-Il. On est invité à travailler en deux sens ; le premier sens est spirituel à travers le jeûne, les prières, les récitations et les invocations. Le deuxième sens est social en instaurant l’amour, la fraternité, la réconciliation et la demande du pardon des croyants et croyantes.

Il y a des hadiths qui évoquent particulièrement le mérite de la nuit médiane de Sha’ban. En effet, Mou’adh ibn Jabal qu’Allah l’agrée rapporte que le Prophète (BSPL) dit : « Dieu regarde toutes ses créatures la nuit de la moitié de Sha’ban. Il accorde alors son pardon à toutes ses créatures à l’exception d’un idolâtre ou d’un querelleur » (at-Tabarani et Ibn Hibban).

Ainsi, pendant cette nuit, Dieu regarde ses créatures d’un regard plein d’affection, de miséricorde et de pardon. En réalité, Dieu observe continuellement toutes ses créatures. Il ne saurait être distrait à leur égard ne serait ce que d’un clin d’œil. Ses créatures ne pourraient échapper à son regard permanant. Mais il s’agit ici d’un regard particulier ; un regard accompagné d’une attention particulière ; un regard d’amour et d’indulgence.

Quant au querelleur, il s’agit du musulman qui nourrit de la haine et de l’animosité à l’encontre de son frère musulman. Il s’agit de deux musulmans qui se disputent pour des motifs purement liés à ce bas-monde ; deux musulmans qui ont rompu le lien de fraternité qui les unit. Ce genre de musulman se verra privé du Pardon divin à ce moment, de même qu’il en est privé chaque semaine. Le Prophète (BSPL) dit : « Les portes du Paradis s’ouvrent tous les lundis et jeudis. Le Pardon est alors accordé à tout serviteur qui n’associe rien à Dieu à l’exception d’un homme qui nourrit de la rancune vis-à-vis de son frère. On dit alors : « Ajournez ces deux jusqu’à ce qu’ils se réconcilient ! Ajournez ces deux jusqu’à ce qu’ils se réconcilient » (Mouslim)

Cela signifie que les portes du pardon sont fermées pour ceux qui ne purifient pas leurs cœurs de la haine et de la rancune ; ceux qui ignorent le sens de la pureté et de la bonté ; qui n’invoque jamais Dieu en ces termes : « Seigneur pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédé dans la foi ; et ne mets dans nos cœurs aucune rancune pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux » (59 :10).

La pureté des cœurs de tout sentiment de haine est une chose primordiale en islam. En effet, l’islam établit la vie des gens sur deux principes de base : la perfection du lien qui les lie à leur Créateur et la perfection des liens qui les lient les uns aux autres. Ces liens doivent être fondés sur la fraternité. Or, la fraternité a plusieurs niveaux : son summum est l’altruisme ; préférer ton frère, ta sœur à ta propre personne ; faire passer ses besoins avant les tiens, à l’instar de ce qu’ont été les « ansars » (les médinois) pour les « mouhajiroun » (les émigrés) comme Dieu les décrit « …qui les préfèrent à eux-mêmes, même s’il y a pénurie chez eux » (59 :9). Le niveau inférieur de la fraternité étant la pureté du cœur ; avoir un cœur sain vis-à-vis de ton frère et de ta sœur.

Si les liens qui nous unissent n’arrivent pas au niveau de l’altruisme, qu’ils soient au moins fondés sur la pureté des cœurs de toute rancune, de toute jalousie et de toute haine ; cette haine qui fut le fléau destructeur des peuples antérieurs comme le signale notre bien-aimé (BSPL) : « Le fléau des peuples qui vous sont antérieurs vous a envahi : la haine et la jalousie. Or, la haine est celle qui rase. Je ne dis pas qu’elle rase les cheveux, mais elle rase la religion » (at-Tirmidhi).

C’est là l’enseignement que nous devons tirer de la nuit médiane de Sha’ban ainsi que des lundis et jeudis : Dieu n’accorde son pardon ni à l’idolâtre ni à toute personne en discorde avec son frère ou sa sœur.
« Seigneur pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédé dans la foi ; et ne mets dans nos cœurs aucune rancune pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux »

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