Les finalités et les secrets du Ramadan : Prêche (khotba) du vendredi 13 Juillet 2012 // 23 Sha’ban 1433

Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
Il est très important, mes frères et sœurs, en accueillant le mois de Ramadan de s’arrêter un moment sur les finalités, les sens et les secrets de cette législation de l’école de ce mois sacré. Allah exalté soit-Il, nous a déclaré d’une manière explicite dans la sourate Al baquara dans le passage qui parle de la prescription du jeûne que la finalité principale derrière cette législation est l’atteinte et la réalisation de la piété et de la crainte révérencielle : « Oh vous qui croyez, le Jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, peut-être craindrez vous (Allah) » [Sourate 2, verset 183]

La volonté d’Allah exalté soit-Il ce n’est pas de mettre le musulman en privation annuelle par le mois de Ramadan. Au contraire c’est une honorabilité divine envers les musulmans et les musulmanes comme il dit le prophète Mohammed (SBPL) : «  le mois purificateur vous est venu. Pendant sa durée, les portes du Paradis sont ouvertes, les portes de l’Enfer closes et les démons enchaînés. Un héraut appelle de la part du Miséricordieux : ô toi qui souhaite faire le bien, accours ! Ô toi qui souhaite faire le mal, vas-t’en ! « .

Les savants de l’islam qui réunissent entre la jurisprudence des branches cultuelles et la jurisprudence supérieure disent qu’il y a trois degrés du jeûne du mois de Ramadan. Il ya ce qu’on appel le jeûne de l’ensemble de la communauté, le jeûne de l’élite et le jeûne de l’élite des élites.

Le jeûne par les membres : est le premier degré de jeûne. Il consiste à s’abstenir de manger de boire ou d’avoir des rapports charnels de l’aube au coucher du soleil.

Le jeûne par les actes : En plus du jeûne des membres, l’adorateur s’abstient de commettre des péchés. C’est un deuxième degré d’abstinence. On ne combat pas les seules envies matérielles, mais on éduque son âme et on s’oppose à ses penchants vers le mal. Pas d’injustice, pas de mauvais comportement.

Le jeûne par le cœur : Le jeûneur n’observe pas une attitude négative qui vise à réprimer les envies et à s’abstenir de faire du mal. Il va plus loin pour adopter une attitude positive qui lui permet de faire du bien. De transformer le sentiment de la faim en un désir de partage, la privation en un élément de surpassement et de miséricorde envers ses semblables.

Son cœur jeûne et jaillit d’amour et d’humilité. C’est ainsi que le corps suit et s’adonne à l’adoration et aux actes de biens. Les personnes qui atteignent ce degré d’adoration en tirent profit pour toute l’année.
Pour cela en accueillant ce purificateur annuel, on a besoin de préparer son intention comme condition sine qua non (nécessaire) pour la réussite de cette adoration du mois de Ramadan. Le travail, l’embellissement et la purification de l’intention est une action indispensable en chaque adoration. Il faut orienter son intention vers Allah exalté soit-Il pour être différent et distingué des gens qui font le jeûne du mois de Ramadan comme une habitude et tradition annuelle. Le musulman vif est réveillé spirituellement envisage et cible la face et la satisfaction d’Allah glorifié soit-Il, la profondeur et la finalité des choses et non pas l’apparence et la forme. Le croyant sincère et bien guidé ne pense pas à la difficulté de l’abstinence mais au contraire il s’efforce pour la réalisation de la piété ce qui engendre plus d’ardent désire pour faire le jeûne de ce mois béni avec toute amour et chaleur spirituelle. Notre prophète Mohammed (SBPL) disait dans le hadith » Si ma communauté savait quels sont les bienfaits de Ramadan, elle souhaiterait que toute l’année ce soit Ramadan » et c’était le cas des compagnons du prophète (SBPL) ; ils avaient l’habitude d’accueillir ce mois six mois avant et restaient six mois après en demandant à Allah exalté soit-Il qu’Il leur accorde l’acceptation et l’exaucement du mois de Ramadan.

Le vrai sens du jeûne est de réfréner ses pulsions négatives, de porter son ego à rompre avec ses habitudes, d’atténuer l’ardeur de ses désirs pour la préparer à ce qui lui apportera bonheur et félicité, de lui faire accepter ce qui l’aidera à purifier son cœur. En effet, derrière le jeûne se dessine toute la logique du rapprochement à Dieu. Il est une réalité qui n’est secret pour personne mais que tend à occulter l’habitude. Cette réalité tient en la présence d’un lien direct entre la condition du corps et la vie du cœur. La première le ramène à son origine matérielle, le rabaisse vers la terre, l’autre le renvoie à sa source spirituelle, l’élève par le souffle Primordiale.

Le mois du Ramadan est une occasion à ne pas rater. C’est une station de ressourcement qui porte sur deux dimensions. La première est de l’ordre de la vie matérielle en atténuant sa prise sur les perceptions sensibles. La seconde relève du monde de l’imperceptible en offrant un moment propice à l’élévation spirituelle notamment par l’enchaînement des démons. C’est une ascèse qui, un mois durant, la personne est tenue d’habituer tous ses membres à rompre avec toute habitude. Son ventre bien sûr est le premier concerné. Mais sa langue, ses yeux, son ouïe aussi. Tout le corps est convié au jeûne. Chaque organe a une abstinence qui le caractérise.

Le Ramadan est un espace d’entraînement un mois durant pour affronter le reste de l’année. C’est un mois d’effort pour retrouver le sens de l’effort. C’est un mois de méditation pieuse pour élever la perspective de son aspiration au-delà de son horizon limité. C’est un mois de solidarité et de partage, pour Dieu et avec les hommes.
Le compagnon Salman le Perse (que Dieu l’agrée) rapporte : Le dernier jour du mois de Sha’ban, le Messager de Dieu nous fit ce discours :  » Ô gens ! Un grand mois béni vient à vous, un mois comportant une nuit meilleure que mille mois. Jeûner sa journée est obligatoire, veiller sa nuit est recommandé. Les actes surérogatoires qui y seront accomplis auront la valeur d’actes obligatoires en dehors de ce mois et l’acte obligatoire en vaudra soixante-dix. C’est un mois de patience et il n’y a d’autre récompense pour la patience que le Paradis « .

Chers frères et sœurs il faut qu’on se rappel l’importance de la tranquillité et du calme pendant les prières, les leçons et les activités culturelles et spirituelles à la mosquée. Chacun de nous doit prendre et assumer une partie de responsabilité pour qu’on gagne la sérénité dans ce lieu qui est le climat nécessaire pour atteindre le but de l’adoration, le recueillement et la présence du cœur.

Il ne faut pas oublier à la fin de l’année scolaire de saluer et de féliciter nos élèves et nos étudiants qui ont réussi leurs examens. Pour ceux qui n’ont pas réussi leurs examens, nous leurs demandons Allah exalté soit-Il d’avoir la réussite et la facilité dans les années qui viennent. Le musulman fort, solide et sincère dans sa religion est celui qui cherche toujours l’avancement et l’amélioration que se soit au niveau quotidien ou au niveau spirituel à travers l’effort, l’invocation et la confiance en Allah exalté soit-Il.

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