La bienfaisance envers les père et mère

Dieu dit dans le Coran : « Adorez Dieu et ne Lui associez rien, et (montrez de) la bienfaisance envers les père et mère. » (Coran,
4, 36)

C’est ainsi que Dieu a placé la bienfaisance envers les père et mère immédiatement après l’obligation de Lui consacrer un culte pur,
débarrassé de toute forme de polythéisme. Il n’a fait passer aucune autre créature avant les père et mère, et c’est pourquoi l’Imam An-Naysâbûrî a dit en substance dans son commentaire du Coran :

« La bienfaisance envers les parents vient en seconde position après l’adoration de Dieu Seul pour plusieurs raisons :

1) Tous deux sont la cause de l’existence de l’enfant, comme ils sont la cause de son éducation. Il n’existe donc pas un bienfait qui soit plus considérable, après le bienfait de Dieu, que le bienfait des parents.

2) Leur bienfait ressemble au bienfait de Dieu – Exalté soit-Il – en ce sens qu’ils ne demandent en retour ni éloge, ni récompense.

3) Dieu ne cesse pas de recouvrir son serviteur de Ses bienfaits, quand bien même il commet les plus grands délits. Il en va de même
des parents : ils ne cessent de se montrer généreux vis-à-vis de leur enfant, même s’il n’est pas bienfaisant envers eux.

4) Un père se met aussitôt en quête d’une chose qui permet le perfectionnement de son enfant, tout comme Dieu ne veut pour Ses serviteurs que le bien. La mansuétude des parents est telle qu’ils ne jalousent pas leur enfant lorsqu’il est meilleur qu’eux, contrairement aux autres personnes, qui n’acceptent pas de voir quelqu’un les surpasser. »

Dieu a décrit dans le Coran Yahyâ (Jean) le fils de Zacharie – que la paix de Dieu les couvrent tous deux – en énumérant ses principales qualités morales, au rang desquelles il y a la bienfaisance envers les père et mère :

« Il était pieux, et bienfaisant envers ses père et mère, et il n’était ni tyrannique, ni désobéissant. » (Coran, 19, 13-14)

Et ‘Îsâ (Jésus) – que la paix de Dieu le couvre – a mentionné les qualités dont son Créateur l’a gratifié, parmi lesquelles figure sa bienfaisance envers sa mère. Voilà ce qu’il dit miraculeusement alors qu’il était au berceau :

« …et Il m’a recommandé, tant que je vivrai,
la prière et l’aumône légale, et la bienfaisance envers ma mère. Il ne m’a fait ni tyrannique, ni malheureux.
» (Coran, 19, 31-32)

Cette bienfaisance est une obligation, même si les parents renient le Créateur, ou sortent du droit chemin et désobéissent à Dieu. L’enfant ne doit cependant pas les suivre et leur obéir s’ils lui ordonnent de désobéir à Dieu.

Le Coran affirme en ce sens :

« Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais accompagne-les en ce monde de façon convenable. » (Coran, 31, 15)

Voyez, mes frères et soeurs en Islam, comment Abraham – que Dieu le couvre de Sa paix – s’adressait à son père, alors qu’il était un
idolâtre : « Ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend ni ne voit (….)
Ô mon père, n’adore pas le diable… » (Voir Coran, 19, versets 41-48)

Il ne cesse ainsi de répéter : « Ô mon père : yâ abatî », une expression qui révèle sa douceur et son respect. Un ton qu’Abraham ne délaisse à aucun moment, même lorsque son père, pris par son fanatisme païen, menace de le lapider s’il s’autorise une nouvelle fois à le sermonner.

‘Abd-Allah Ibn Mas‘ûd – que Dieu soit satisfait de lui – a dit : « J’ai demandé au Prophète (SWS) : « Quelle est l’action la plus aimée de Dieu ? » Il répondit : « La prière réalisée à l’heure. » Je demandai : « Et puis ensuite ? » Il répondit : « La bienfaisance envers les père et mère. » « Je demandai : « Et puis ensuite ? » Il répondit : « La lutte dans la voie de Dieu. » » (Al-Bukhârî et Muslim)

Et d’après Abû Hurayra – que Dieu soit satisfait de lui –, le Messager de Dieu (SWS) a dit : « Un enfant ne saurait rendre ce qu’il doit à son père, à moins de le trouver réduit à l’état d’esclave, de l’acheter et de l’affranchir. » (Muslim)

Et d’après Anas – que Dieu soit satisfait de lui –, un homme vint au Messager de Dieu (SWS) et dit : « Je voudrais me rendre au combat et je n’en ai pas la capacité. » Le Prophète (SWS ) lui demanda : « Te reste-t-il quelqu’un parmi tes père et mère ? » Il répondit : « Ma mère. » Le Prophète (SWS) déclara : « Va au devant de Dieu en étant
bienfaisant envers elle. Si tu agis de la sorte, tu accomplis ainsi (l’équivalent du) grand et petit pèlerinage, et tu es un combattant. » (Rapporté par Abû Ya‘lâ et At-Tabarânî. Sa chaîne de transmission est bonne, selon Al-Mundhirî.)

Et d’après Mu‘âwiya Ibn Jâhima, Jâhima vint au Prophète (SWS) et lui dit : « Ô Messager de Dieu, je voudrais me rendre en expédition et je suis venu te demander conseil. » Le Messager de Dieu (SWS) lui demanda : « As-tu une mère ? » Il répondit : « Oui. » Le Prophète (SWS) ajouta : « Tiens-toi assidûment à ses côtés. Le Paradis est
certes à son pied. » (Rapporté par Ibn Mâja et Al-Hâkim qui a dit que sa chaîne de transmission est authentique.)

Extrait du Bulletin CIGE

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